Démagogie quand tu nous tiens….

En politique, les émotions sont parfois exacerbées, la passion, la volonté d’avoir raison, de convaincre prend le dessus sur la pensée et l’argumentation. La démagogie est souvent l’instrument employé pour convaincre les masses, un véritable outil de facilité dans le débat politique. Une fois qu’il n’y a plus d’arguments, certains se permettent de laisser transparaître des insinuations, accusent ou dégradent leurs adversaires politiques du moment pour tenter en vain – je l’espère – de convaincre la population de rallier leur cause.

La semaine dernière, un ancien Député, M. Gilbert Magnenat, en a abusé, au point qu’il est important de rappeler ici un des éléments essentiels du débat public : le respect d’autrui. En laissant apparaître certaines graves insinuations dans son article paru le 15 novembre et intitulé « Votations du 25 novembre et député fatigué ? », M. Magnenat a oublié qu’il s’adressait, non pas simplement à un élu politique, en la personne de Nicolas Rochat Fernandez, mais également à un citoyen, à un mari et surtout à un père d’une petite fille. On ne peut tolérer de pareils propos dans un débat public.

J’ose espérer qu’à l’avenir, ce genre d’insinuations sans aucun fondement, flirtant avec la calomnie, n’apparaîtront plus dans la Feuille d’Avis de la Vallée de Joux.

Au nom du PS Vallée de Joux                                                                                                Sébastien Cala, Président

Chemins forestiers : Non Madame La Conseillère d’Etat, l’Administration cantonale ne dicte pas les décisions du Parlement, c’est tout le contraire

Débat sur l’interdiction de circuler sur les chemins forestiers et l’accès aux refuges forestiers mardi dernier devant le Grand Conseil vaudois, suite à une intervention du député Yvan Pahud.

Comme vous le savez, les élu.e.s vaudois, en 2012, ont amendé la Loi forestière cantonale en donnant la possibilité aux communes de déroger à l’interdiction de circuler sur les routes forestières, sauf en cas de périmètres de grandes valeurs biologiques (art. 32 al. 1).

Dans sa réponse à l’intervention précitée, votre serviteur interpelle la Cheffe du Département du territoire et de l’environnement, Madame Jaqueline De Quattro, en lui exprimant sa surprise de ne pas avoir fait mention, dans sa réponse écrite, de la possibilité de dérogation offerte par l’article précité.

Réponse de la Conseillère d’Etat : « Le règlement précise qu’une telle décision communale doit faire l’objet d’un préavis du Service et, sans surprise, vous aurez un préavis négatif ».

Quand bien même Madame La Conseillère d’Etat fait référence à l’arrêt du Tribunal fédéral relatif au plan sectoriel, il faut savoir que cette possibilité de déroger à l’interdiction de circuler a été introduite APRES ledit Arrêt et confirmée par le Tribunal cantonal.

Partant, il est assez piquant – voire choquant – que l’Administration cantonale désapprouve les décisions prisent par le Grand Conseil en toute connaissance de cause.

A l’heure où la pétition concernant l’accès aux refuges forestiers a récolté plus de 2000 paraphes, Madame La Conseillère d’Etat serait bien inspirée de desserrer quelque peu la vis dans ce dossier.

Affaire à suivre…

Nicolas Rochat Fernandez, député

 

Chronique de Josiane Aubert : Selon que vous serez puissant ou misérable…

Le 21 octobre, on apprenait que les contribuables du canton de Berne ont « rapatrié » 3 milliards de francs de biens et de revenus, déclarés « spontanément » dans le cadre de l’amnistie fiscale proposée simultanément à l’introduction de l’échange automatique d’informations avec l’étranger: ces braves bernois-là avaient dissimulé ces sommes au fisc en les stockant incognito à l’étranger…

Les discussions parlementaires autour du maintien du secret bancaire en Suisse sont toujours épiques: les parlementaires de droite proclament, la main sur le cœur: « la Suisse est bâtie sur la confiance entre l’Etat et sa population, on ne peut violer ce principe par une transparence financière ! »   L’énergie de ces parlementaires est très grande pour éviter toute tentative de meilleur contrôle des contribuables par des règles plus strictes.

Dans ce principe, l’inégalité de traitement entre les personnes salariées, dont tous les revenus sont transparents et connus du fisc et les personnes plus aisées et fortunées, est flagrante. Je ne me risquerai pas à faire quelques règles de trois à la lumière des 3 milliards revenus à la surface dans le canton de Berne pour estimer combien de milliards passent sous le radar du fisc sur l’ensemble des contribuables suisses … Je vous les laisse imaginer.

Ce qui a toujours eu le don de m’agacer au plus haut point, lorsque je siégeais à Berne, c’est d’observer la virulence avec laquelle les mêmes parlementaires de droite interviennent pour contrôler les bénéficiaires des assurances sociales et traquer les fraudeurs, même en égratignant la protection de la sphère privée. Cette même vie privée a-t-elle à leurs yeux moins de valeur chez une personne pauvre que chez la personne fortunée qui pourrait devoir payer tout ce qu’elle doit à l’Etat en fonction de sa fortune et de ses revenus ?

Ceci me choque et m’incite, pour préserver les droits fondamentaux de toutes et tous, à refuser le 25 novembre la loi révisée sur la surveillance des assurés qui va trop loin dans l’intrusion privée des plus fragiles de la société.

« Selon que vous serez puissant ou misérable
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir »

disait au XVIIe siècle Jean de La Fontaine dans sa fable « les animaux malades de la peste »

Josiane Aubert, ancienne Conseillère nationale

Chronique de Josiane Aubert : Egalité, la Suisse des petits pas

Notre pays est le champion de la lenteur dans l’évolution des progrès sociétaux; prenons la marche vers l’égalité entre femmes et hommes. Les suissesses ont été les dernières européennes à obtenir le droit de vote en 1971, et la lutte pour obtenir un congé maternité de 14 semaines a duré 56 ans…

Les prochains pas sont à l’horizon. La session des Chambres a empoigné quelques objets intéressants à cet égard: le renouvellement pour quatre ans du crédit fédéral pour l’encouragement à la création de crèches et garderies a passé la rampe de justesse. Sous la pression de l’initiative de « Travail Suisse », la nécessité d’un congé paternité a enfin été reconnue; il faudra encore s’entendre sur sa durée. 2 ou 4 semaines ? C’est bien maigre face aux pays qui nous entourent… mais ce sera un premier pas qu’il faudra engranger !

La réforme de la fiscalité des entreprises a passé la rampe des deux Chambres et sera introduite avec une compensation sociale non négligeable  par un financement complémentaire de l’AVS; ce compromis n’est pas idéal, mais il permet de repousser le spectre d’augmenter l’âge de la retraite des femmes; une telle augmentation serait très problématique aussi longtemps que l’égalité salariale n’est pas atteinte ; de plus, les femmes travaillent souvent à temps partiel, sont moins bien payées, elles touchent donc une retraite du 2ème pilier plus faible que les hommes, elles ne doivent pas encore payer ces injustices en travaillant un an de plus ! Le « paquet » qui lie fiscalité des entreprises et AVS, même imparfait, évite aussi une trop forte augmentation de la TVA pour financer l’AVS. Ce compromis typiquement helvétique vaut la peine d’être soutenu, c’est un petit pas dans la bonne direction.

Les Chambres sont aussi en passe d’exiger des entreprises de plus de 100 employés qu’elles prouvent l’égalité salariale qu’elles appliquent ; insuffisant, mais bon début.

Le Canton de Vaud a décidé de donner lui aussi un coup de pouce concret à l’égalité salariale par plusieurs mesures, dont celle de comptabiliser les années de garde des enfants dans le cursus professionnel des femmes pour fixer leur salaire initial à l’engagement. Une bonne manière de montrer la valeur mise à cette tâche éducative si importante pour l’ensemble de la société sans pénaliser ceux qui l’accomplissent. Restera à convaincre plus d’hommes de travailler eux aussi à temps partiel lorsque les enfants sont petits. Ce sera une façon efficace d’arriver à l’égalité salariale, car les employeurs ne pourront plus prétendre que l’arrivée d’un enfant pénalise la femme dans sa carrière !

Il vaut la peine d’engranger chaque petit pas vers l’égalité, c’est la seule méthode pour avancer dans le pays des helvètes !

Josiane Aubert, ancienne conseillère nationale

Sortir les produits agricoles des négociations de libre-échange avec les pays du MERCOSUR et ce, pour le bien de notre agriculture !

Le ministre de l’Economie Johann Schneider-Ammann négocie actuellement les conditions d’un futur accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay).

Or ces pays produisent à bas prix grâce à des domaines agricoles bien plus étendus et avec nettement moins de contraintes et d’exigences que les domaines agricoles suisses, notamment au niveau sanitaire.

Ils cultivent des OGM à large échelle et augmentent le rendement de leurs élevages grâce notamment à des hormones de croissance et des traitements préventifs du bétail aux antibiotiques.

C’est pour cette raison que le député Yvan Pahud a déposé une initiative parlementaire – co-signée par votre serviteur – afin de demander aux Chambres fédérales qu’elles sortent du futur accord précité les produits agricoles ainsi que les produits de l’élevage

 

Ceci non seulement pour des questions de soutiens aux exploitations agricoles qui dispraissent comme peau de chagrin et ce, au profit d’importations de produits agricoles, mais aussi pour des questions de santé publique et environementale.

 

Enfin, il va de soi qu’une telle initiative va dans le sens d’une meilleure protection des consommateurs.

Nicolas Rochat Fernandez, député

 

 

 

Pour en finir avec la hausse des primes d’assurance-maladie !

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Les primes d’assurance-maladie continuent d’augmenter de manière plus importante que les coûts de la santé. Cela est dû au système de santé actuel, qui présente plusieurs problèmes.

Parmi les aspects problématiques, l’opacité du système ne permet pas de savoir comment les coûts entre assuré-e-s des différents Cantons sont distribués par les caisses. Le fait que les assureurs couvrent plusieurs cantons rend difficile de savoir si les habitant-e-s d’un canton payent effectivement leurs coûts ou aussi ceux d’autres cantons, comme cela a été mis en évidence par le passé avec les Cantons latins qui ont payé des primes en plus pour ne pas faire augmenter de manière trop importante les primes d’autres cantons. Cela rend vains les efforts de contrôle des coûts et représente surtout une injustice criante.

De plus, la nécessité pour les caisses d’assurance-maladie de constituer des réserves pour chaque nouvelle et nouveau assuré-e a comme conséquence que des sommes énormes dorment dans leurs poches. Ainsi, les assureurs peuvent, via des systèmes de comptabilité douteuse entre l’assurance de base et les complémentaires, utiliser cet argent pour des placements qui ne profitent qu’aux actionnaires et pas aux assuré-e-s.

Parallèlement, tout changement dans le système est entravé par l’influence des assureurs sur les élu-e-s à Berne. Un nombre important de nos élu-e-s siège dans le conseil d’administration d’une ou plusieurs assurances, dans des institutions privées qui travaillent pour celles-ci ou reçoit de l’argent ou autre rétribution des caisses pour des mandats divers.

Puisque les assurances-maladie remplissent un mandat public, le conflit d’intérêts est évident. Comme pour les régies fédérales, les élu-e-s ne devraient pas avoir des liens d’intérêt avec les assurances-maladie.

Deux initiatives populaires fédérales peuvent changer cela !

L’initiative « Assurance-maladie. Pour une liberté d’organisation des cantons » vise à donner la liberté aux Cantons de créer (ou pas) une institution cantonale d’assurance-maladie.

Quelques avantages :

  • Une seule et même prime à tous les assurés de la région selon le modèle d’assurance et la franchise qu’ils choisissent : fini la chasse aux bons risques !
  • Les assureurs continuent à effectuer le travail administratif : aucun licenciement n’est nécessaire. Et l’assuré pourra continuer à choisir sa caisse !
  • Les réserves de tous les assureurs sont mises dans un pot commun : moins de réserves et les assurés profitent de cet excédent durant les premières années de fonctionnement.
  • Les primes ne pourront pas augmenter plus que les coûts. 

L’initiative « Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie » vise à réduire l’influence des caisses-maladie sur les élu-e-s à Berne.

L’avantage principal : le Parlement pourra retrouver son indépendance et proposer des réformes nécessaires pour le système de santé et, au final, en faveur de la population suisse.

Au vu de ce qui précède, je ne puis que vous invitez à signer et faire signer.

Une soirée publique se tiendra le 29 novembre prochain à l’Hôtel de Ville du Sentier à 19h30 en présence du Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. 

Nicolas Rochat Fernandez, député

 

Autour du 1er août

En cette période de fête nationale et de discours du 1er août, je suis interpelée par notre pratique de « Faiseurs de suisses », renouvelée à chaque génération…

Cette semaine, j’entendais l’humoriste « Emil » rappeler sur les ondes de la radio romande le succès inattendu dans les années 1970 du film du même nom. Des deux côtés de la Sarine, les habitants de ce pays, médusés, découvraient dans des scènes épiques et au travers de grands éclats de rire (jaune ?), la manière dont les émigrés italiens ou espagnols, souhaitant acquérir la nationalité de leur pays d’accueil, étaient inspectés par des émissaires des autorités qui effectuaient des visites intrusives dans leur foyer.

Plus de quarante ans ont passé, et les scènes se répètent dans certaines communes. De jeunes candidats à la naturalisation se voient soumis à une salve de plusieurs dizaines de questions, auxquelles nombre de suisses « de souche » ne sauraient probablement pas mieux répondre…

Dans le canton aussi, lors des discussions de la Constituante, entre 1999 et 2002, cette thématique de la naturalisation a soulevé de nombreuses discussions. Je me souviens l’anecdote racontée par un municipal d’une petite commune :

« Au cours de l’interrogatoire d’un candidat à la naturalisation devant la municipalité au grand complet, l’un de mes collègues demande qui est le président de la confédération. Le candidat répond sans hésitation, et reçoit les félicitations de l’ensemble du collège. Or, le nom donné était celui du président de l’année passée, mais aucun des édiles ne s’en est aperçu ; j’ai naturellement gardé le silence, la personne a reçu le feu vert pour la suite de ses démarches… »

Si nous étudions les patronymes de notre région, de notre canton, nous constatons rapidement que rares sont les familles natives de ce coin de pays depuis la nuit des temps.  Combien d’entre elles sont-elles fières d’être arrivées de France suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et à l’interdiction du protestantisme en France ?

Des vagues successives d’immigration ont enrichi la population vaudoise et suisse.  Mais n’oublions pas que la misère a poussé des milliers de nos compatriotes à quitter le pays pour raison économique ; ils ont émigré aux Etats-Unis, en Amérique latine, au Canada au cours du XIXe siècle, où ils ont acquis la nationalité.  Le XXe siècle a vu la tendance s’inverser et la situation économique prendre un essor florissant, auquel l’arrivée des italiens, des espagnols et portugais ont largement contribué.

Lorsqu’il s’agit d’octroyer la naturalisation à nos voisins, nos collègues de travail, les camarades d’étude de nos enfants, habitant depuis de nombreuses années à nos côtés, participant à notre société et à son essor, n’oublions jamais que l’Histoire est faite de migrations incessantes.  Notre droit de « natif » n’est pas de juger l’autre, mais de l’accueillir au mieux en contribuant à son intégration.  Ainsi le 1er août sera-t-il porteur d’espoir pour notre pays !

Josiane Aubert, ancienne conseillère nationale, la Vallée

Deux ministres du Nord vaudois : une chance pour les mosaïques ?

Dès le 1er juillet, notre gouvernement cantonal comptera deux ministres du Nord vaudois.  La répartition des départements est faite, et avec plaisir j’ai découvert ce qui suit dans le communiqué de presse du Conseil d’Etat :  « Sur le modèle appliqué au Projet *Plateforme 10* , le Chef du DFIRE conduira avec la Cheffe du DFJC un projet muséal à Avenches… »

Voici donc nos deux conseillers d’Etat chargés de valoriser les trésors de l’Histoire romaine de notre coin de canton. Enfin ! pourrait-on dire …

Dans mon mandat de conseillère nationale, j’ai eu la chance de travailler dans la commission science, éducation, culture.  J’ai découvert les itinéraires culturels du Conseil de l’Europe ; actuellement au nombre de trente-deux, ils proposent des itinéraires tels que les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, les sites clunisiens, la Route des vikings ou la Route du fer dans les Pyrénées, …

En plus des richesses romaines d’Avenches et de Vidy, notre canton possède de magnifiques mosaïques à Orbe, qui méritent d’être portées à leur juste valeur à la connaissance d’un large public. L’association bénévole qui s’en occupe avec une aide communale ne peut tout assumer, il est temps que l’Etat, dans le projet qu’il développera pour Avenches, n’oublie pas ce joyau et l’englobe dans un concept plus large ; peut-être sur un modèle d’itinéraire cantonal de cette période romaine qui a contribué à façonner le Pays de Vaud tel qu’il est aujourd’hui ?

Gageons que Pascal Broulis, Ministre du Patrimoine, et Cesla Amarelle, Ministre de la Culture trouveront ensemble la route d’une valorisation digne de ces trésors témoins de notre histoire ; il est temps qu’ils soient mis à disposition de la population en enrichissant aussi notre patrimoine touristique.  Je me réjouis de voir ces superbes mosaïques sortir du semi-anonymat qui est le leur depuis trop longtemps malgré l’effort des bénévoles.

Josiane Aubert, ancienne conseillère nationale

« Bonne nuit les petits, faites de beaux rêves, Tonton veille sur vous ! »

Cette phrase prononcée par Raymond Barre à l’encontre de François Mitterrand lors de la campagne présidentielle de 1988 résume parfaitement l’article de mon estimé collègue député Dominique Bonny paru dans l’édition de la semaine dernière et concernant les accords TAFTA-TISA.

Sans revenir dans le détail de nos argumentations respectives, je maintiens que lesdits accords sont non seulement négociés dans une totale opacité et que certaines clauses mettent à mal l’agriculture, les services publics et les consommateurs.

Au demeurant, nul n’est besoin de faire peur aux lecteurs en affirmant que le Front national y est opposé. C’est bien tout le contraire, l’ensemble des partis de la gauche européenne et suisse ainsi que les syndicats, les organisations du monde agricole et même le Parlement wallon (Belgique) combattent lesdits accords ou à tout le moins, certaines des clauses.

La politique c’est une question de « timing », quand le train a passé il est trop tard pour construire un véritable rapport de force. Partant, le rapport de force doit se construire dès maintenant, partir depuis sa base citoyenne et non pas attendre la fin des négociations où nous pourrons que nous plaindre en vain…

Malheureusement et c’est son droit le plus strict, le PLR, lors du dernier plénum du Grand Conseil, n’a pas saisi cette opportunité et il me paraît important de le soulever – période électorale ou pas – l’enjeu est juste trop important.

Pour le surplus, le PLR n’est pas en reste pour se plaindre constamment de la réglementation sur les marchés publics (découlant d’accord internationaux avec l’OMC) allant jusqu’à accuser les socialistes ( !) alors qu’à l’époque du vote le PLR disposait de la majorité aux Chambres fédérales pour améliorer dite réglementation.

Lorsque l’on accuse son contradicteur de récupération politique, on ferait mieux de balayer devant sa porte.

A bon entendeur !

Nicolas Rochat Fernandez, député

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Non, nos offices de poste ne sont pas obsolètes !

Ainsi donc, la direction de la Poste Suisse SA a présenté jeudi dernier son « réseau du futur » d’ici 2020.

Cette annonce correspond tout simplement à de nouvelles suppressions en masse des offices de poste et a fortiori une diminution de la qualité des prestations et réduction du service public. Concrètement, ce n’est pas moins de 600 offices de postes qui seront supprimés et 1200 places de travail menacées d’ici l’échéance de 2020.

Dans sa stratégie de communication, La Poste omet bien évidemment de rappeler la fermeture de plus de 2000 offices de postes depuis 2001. Les faits démontrent que le Géant jaune, pour mener à bien sa restructuration, a usé d’une stratégie bien rôdée et démunie de toute transparence auprès des autorités concernées ainsi qu’auprès du syndicat du personnel.

L’expression « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » illustre parfaitement ladite stratégie de restructuration : diminution des horaires d’ouvertures et du nombre de personnel au guichet des offices, baisse de la fréquentation pour ensuite mettre les autorités communales concernées devant le fait accompli.

Ainsi, toute perspective de maintien de l’office devient a priori impossible, dans la mesure où ledit service a ainsi été rendu « inefficace » depuis longtemps. En d’autres termes, au lieu d’adapter ledit service et le renforcer, on le démantèle en l’externalisant.

Ne nous laissons donc pas tromper par des pseudo-arguments de “modernité” pour une entreprise qui, faut-il le rappeler, a généré un bénéfice de 645 millions rien qu’en 2015.

En étendant la logique de La Poste à d’autres services publics, on en viendrait à ne plus financer certaines lignes de chemins de fer par le simple fait qu’elles sont moins rentables que d’autres.

Au vu de cette situation, les Cantons doivent, une fois pour toutes, prendre le dossier en main et ne pas rester passif sous prétexte que seule la Confédération est compétente.

En effet, on ne peut pas prôner le développement économique à tout va alors qu’en parallèle des régions subissent des pertes de places de travail et ce, tant dans nos campagnes que dans les centres urbains.

L’enjeu est donc de taille et au-delà de son aspect socio-économique, le présent débat participe également à celui relatif à notre cohésion nationale. La Poste ferait bien de s’en souvenir.

 Nicolas rochat Fernandez, député