Une question de repli identitaire…

Le 25 novembre prochain, nous nous prononcerons sur l’initiative dite « pour l’autodétermination ». De nombreux articles ont déjà été écrits à ce sujet. Les risques pour la Suisse sont dorénavant connus. Approuver cette initiative reviendrait en effet à remettre en cause nombre d’accords internationaux que la Suisse a ratifiés. Les associations des droits de l’homme, la grande majorité des partis politiques et les milieux économiques s’inquiètent des potentielles conséquences d’un oui le 25 novembre alors même que les problèmes causés par l’initiative du 9 février 2014 ne sont toujours pas réglés.

Au-delà des risques et des conséquences de cette initiative, il faut se demander quels sont les objectifs visés par l’UDC, parti qui a récolté les signatures nécessaires à la mise en votation de cette initiative. Les objectifs sont assez simples mais jamais clairement annoncés. Ce sont les mêmes que ceux de Marine Le Pen en France, d’Orban en Hongrie, de Bolsonaro au Brésil, de Salvini en Italie, de Duda en Pologne, d’Erdogan en Turquie ou de Trump aux Etats-Unis, à savoir : stigmatiser l’étranger pour expliquer les difficultés nationales ou régionales, s’attaquer à tout ce qui a été construit (structures et accords internationaux) depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale afin de déstabiliser et fragiliser soit l’Etat, soit les structures paraétatiques dans l’optique de favoriser les partis nationalistes. En contribuant à l’instabilité, à l’incertitude, à l’insécurité structurelle, ces partis, et l’UDC en tête, favorisent leur propre position sur le plan électoral. En effet, ne faisant aucune proposition mis à part le retour à une forme d’ordre passé, se présentant comme les garants des valeurs conservatrices, de la sécurité, ils apportent une fausse réponse aux craintes qu’ils ont eux-mêmes générées au sein de la population.

Dire oui à cette initiative le 25 novembre, c’est inscrire la Suisse dans les mouvements de repli identitaire qui traversent l’Europe et l’ensemble du monde occidental. Ces mêmes mouvements nationalistes qui, par certains aspects, rappellent ceux du début du XXe siècle et qui ont mené à de terribles conflits. Accepter cette initiative, c’est tout simplement mettre à mal les valeurs et les forces de la Suisse moderne afin de favoriser les desseins de quelques membres éminents de l’UDC, appâtés par le pouvoir. Membres qui, faisant partie des élites économiques du pays, seront de toutes façons à l’abri des conséquences mêmes de cette initiative…

Pour le bien de tous, le PS Vallée de Joux vous encourage vivement à voter contre l’initiative « pour l’autodétérmination ».

Sébastien Cala                                                                                                                    Président PSVJ

source : l’Affranchi

Le 25 novembre prochain : Non à la nouvelle base légale sur la surveillance des assuré.e.s

Avec la nouvelle base légale (art. 43a LPGA), toutes les assurances sociales auront la possibilité d’adopter des mesures de surveillance étendues sans que celles-ci soient soumises à l’approbation d’une autorité judiciaire. À l’avenir, les bénéficiaires de prestations des caisses maladie, de l’assurance-invalidité (AI), et de la Suva pourront être observés. La loi nous concerne donc toutes et tous, elle peut concerner chacune et chacun d’entre nous !

Cette modification légale – adoptée en catimini par les Chambres –  doit être refusée pour les raisons suivantes :

Des pouvoirs disproportionnés pour les compagnies d’assurance: Elles disposent de pouvoirs plus étendus et de moyens de surveillance des assuré-e-s plus importants que la police pour surveiller les terroristes. Contrairement à la police, elles peuvent, sans autorisation judiciaire, photographier ou filmer des gens sur leur balcon, dans leur jardin, ou même – depuis la rue – à leur domicile.

Une atteinte aux droits fondamentaux : La loi permet une observation très étroite, synonyme d’immixtion dans la sphère privée. Cela se passe sans qu’un tribunal ait à approuver ces « empiétements » au préalable. La lutte contre la fraude à l’assurance est une préoccupation majeure et les cas de fraude doivent être évités. D’ailleurs, les Cantons disposent déjà de moyens de contrôles efficaces (accès au compte bancaire, au fichier AVS notamment) qui ont condamnés les fraudeurs à rembourser les montants indûment touchés.

Au surplus, on relèvera que, si l’on considère le nombre total de prestations sociales versées, la perception injustifiée de prestations ne représente qu’une infime fraction. Prenons à titre d’exemple l’assurance invalidité : en 2016, il a été démontré qu’environ 1,9% d’un total de 9,2 milliards de francs suisses de prestations AI ont été perçus de manière injustifiée – les rentes ont ensuite été adaptées en conséquence

Voter contre cette modification, c’est aussi combattre l’arbitraire des assureurs dans certaines de leur décision de refus d’octroi de prestations aux assuré.e.s. En effet et cela a d’ailleurs été relevé par la Société vaudoise médecine, la fonction des médecins-experts/conseils des assureurs est problématique et doit être revue, exemple récent l’affaire de la Clinique Corela à Genève.

Pour toutes ces raisons votez et faites voter NON à la base légale pour la surveillance des assuré.e.s.

Nicolas Rochat Fernandez, député

Le 25 novembre prochain : en cas de OUI, c’est bien notre cohésion nationale et notre place dans le monde qui seront atteintes !

Le 25 novembre prochain, un objet important sera soumis au vote populaire, l’initiative intitulée « le droit suisse au lieu de juges étrangers (initiative pour le droit à l’autodétermination)».

L’initiative dite des juges étrangers est tout simplement dangereuse pour nos droits fondamentaux – un risque inutile au minimum…

Il ne fait aucun doute que cette initiative a pour réel but de s’attaquer à la Convention européenne des droits de l’homme (« CEDH ») qui s’applique dans notre pays depuis 40 ans. LA CEDH représente une garantie pour les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution suisse et, contrairement à ce que les initiants prétendent, tous ses articles ne sont pas impératifs (quand bien même fondamentaux…).

En effet, il ne peut pas être déroger aux droits dits impératifs seulement (notamment, l’interdiction de la torture, le droit à la vie, liberté de conscience). En d’autres termes, certains droits fondamentaux ne sont pas impératifs et, avec l’acceptation de cette initiative, ils pourraient être modifiés.

Quand bien même une dictature militaire ne va vraisemblablement pas s’imposer en Suisse en cas de oui le 25 novembre, il faut tout de même bien prendre conscience des enjeux, car une fois que le texte est voté, il est voté…

Premièrement, ce sont bien des Etats de petite taille, tels que la Suisse, qui ont le plus grand besoin de pouvoir compter sur le respect par tous des accords internationaux. Dans un monde où le droit international ne ferait plus foi, ce serait la loi du plus fort et du plus grand qui prévaudrait et cela ne se ferait pas à l’avantage de la Suisse.

Ce n’est pas par hasard que notre pays s’engage depuis toujours pour que le droit international soit fort et respecté de tous. L’initiative pour l’autodétermination est en ce sens un véritable auto-goal, puisqu’elle affaiblit un système dont la Suisse a pourtant impérativement besoin.

Deuxièmement, il suffit de jeter un rapide coup d’œil à l’histoire : le droit de vote généralisé des femmes n’a finalement été introduit dans tous les cantons suisses que grâce à la CEDH.

De nombreux jugements ont renforcé́ les droits des femmes, des enfants, des seniors, des travailleurs. Jusqu’en 1981, les mineurs pouvaient, par exemple en raison d’une situation familiale difficile, être détenus administrativement, c’est-à-dire détenus dans des établissements pénitentiaires, sans avoir jamais commis de délit. Cette pratique a pu être stoppée en 1981, grâce à la CEDH.

Celle-ci a également amené des progrès importants en ce qui concerne les droits procéduraux: le droit d’être représenté par un avocat, le droit à un juge indépendant ainsi que le droit à un procès équitable, tous trois prévus par les articles5 et 6 de la Convention, ont p.ex. fortement influencé les codes de procédure pénale cantonaux et renforcé les droits des individus. De même que c’est, la Cour européenne des droits de l’homme qui a donné raison aux travailleurs victimes de l’amiante.

Ainsi c’est bien le droit international qui a contribué à ce que que les citoyens Suisses bénéficient, par exemple, d’un accès à un avocat, lors d’un divorce ou de l’accès gratuit au Tribunal de Prud’hommes en cas de licenciement pour les travailleurs.

Troisièmement, il est absolument erroné de parler de Juges étrangers dans la mesure où la Cour européenne des droits humains est composée de juges suisses, ces derniers siégeant dans la Cour appelée à statuer pour l’examen d’une affaire suisse.

Enfin, pour répondre au texte des initiants parus dans la FAVJ de la semaine passée, le crime de pédophilie est imprescriptible et ce, depuis le 1er janvier 2013. L’article 101 alinéa 1 litt. e de notre Code pénal est clair. Partant, l’initiative de 2008 a bel et bien été appliquée dans notre droit interne…

Pour toutes ces raisons, je vous invite à voter NON à l’initiative « le droit suisse au lieu de juges étrangers » le 25 novembre prochain.

Nicolas Rochat Fernandez, député

 

Non à l’autodestruction

Les initiatives de l’UDC se suivent et se ressemblent, en tous les cas par le fait qu’elles pourraient coûter des milliards, en isolant notre pays du reste du monde. Celle du 9 février 2014 a coûté 1,4 milliards à la recherche suisse. Sans compter bien sûr les autres coûts induits, dont celui pour tenter de mettre en œuvre cette initiative impossible…

Celle sur laquelle nous allons voter est dans la même veine, et va faire en sorte que nous allons devenir encore moins crédibles, du moment que l’on pourra défaire tout ce que l’on signera ou avons signé.

Faut arrêter ! La Suisse n’est pas le village d’Astérix. C’est vrai que ça pourrait pourtant paraître sympa, le petit village bucolique, seul contre tous… Mais notre pays n’a ni le poissonnier ni le forgeron, ou tout du moins pas leurs matières premières. Il est donc obligé d’importer et d’exporter. Ceci avec le reste du monde, y compris avec l’horrible Europe, tant haïe.

Mais développons un peu : dans ces colonnes (pas la 5e, tout de même), ou encore par la voix de la fille de (…), dans 24 Heures, l’initiative pour l’autodétermination, c’est juste dire « Oui à la démocratie directe, simplement ! », ou pour Magdalena (la fille de) « Si notre initiative échoue, la démocratie directe meurt ».

Si les membres de l’UDC Vallée de Joux suivent « simplement » et dogmatiquement ce que les stratèges du parti suisse proposent, on ne va pas leur lancer la pierre. Tout membre d’un parti suit la ligne, plus ou moins. Le problème se pose plus quand on cerne un peu ces stratèges : Roger Köppel, qui a traité l’équipe susse de foot de « troupe de mercenaires multiculturelle balkanique presque sans patrie », Christoph Mörgeli, et son admiration pour certaines méthodes de propagande, pour n’en citer que deux.

Nous disions donc « Si notre initiative échoue, la démocratie directe meurt ». Oui, ELLE VA MOURIR ! Surtout si l’on donne raison à l’UDC. Elle dit s’en prendre aux juges « étrangers », mais c’est tout le système judiciaire qui la révulse : « la parole au Peuple, et nous on est le « parti suisse du Peuple », le « Schweizerische Volkspartei » (nom de l’UDC en langue allemande), on embobine le Peuple une fois de plus, avec nos mythes de Suisse préservée, et une fois nos initiatives débiles acceptées, une fois arrivés au pouvoir, on n’aimerait pas que des juges nous les coupent ». Ca rappelle un certain Donald…

La séparation des pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaires, est la condition sine qua non pour qu’une démocratie fonctionne.

Asservir le pouvoir judiciaire au politique – législatif et/ou exécutif – et l’on si dirige vite vers un semblant de dictature.

Et pour en revenir à Donald, son ancien conseiller stratégique Steve Bannon, proche de l’extrême de droite américaine, invité par Köppel à Zurich, a glorifié Christoph Blocher en père des populistes : « il était Trump avant Trump ».

On peut en être fier !

Et c’est donc là que ça commence à faire peur. Les mouvements nationalistes, et populistes – qu’on pourrait donc qualifier de national-populistes – ont le vent en poupe partout en Europe et dans le monde : Italie, Autriche, Hongrie, Pologne, montée de l’AfD (extrême droite) en Allemagne, en France le Rassemblement National, ex Front National, en tête d’un sondage pour les élections européennes… Et bien sûr notre ami Donald, rejoint maintenant par Jair Bolsonaro.

Ces mouvements, inspirés ou admiratifs de notre « Volkspartei », voient dans l’étranger la source de tous les maux, sont donc xénophobes, pour ne pas dire plus. Ils sont contre l’Etat et se définissent comme anti-système – ça, ça fait joli et ça rapporte des voix – et bien sûr contre la corruption (qui serait pour ?), dont évidemment tous leurs adversaires se rendent coupables ; anti-social, rejetant les minorités et, ce qui est vraiment préoccupant, anti-environnemental, en niant l’urgence pour notre planète, en ne voyant que le profit.

Voyez Bolsonaro au Brésil, il veut accélérer la déforestation de l’Amazonie, poumon planétaire qui fourni 20% de notre oxygène, pour l’agrobusiness. Et si cette forêt devait encore perdre de sa surface, elle pourrait se transformer en savane. Imaginez les conséquences… pour tout le monde, y compris pour les adeptes de ces mouvements, et bien sûr aussi pour les membres de l’UDC Vallée de Joux.

A moins peut-être qu’un juge n’arrive à le stopper ?

Christian Vullioud, membre du Parti socialiste Vallée de Joux

Chemins forestiers : Non Madame La Conseillère d’Etat, l’Administration cantonale ne dicte pas les décisions du Parlement, c’est tout le contraire

Débat sur l’interdiction de circuler sur les chemins forestiers et l’accès aux refuges forestiers mardi dernier devant le Grand Conseil vaudois, suite à une intervention du député Yvan Pahud.

Comme vous le savez, les élu.e.s vaudois, en 2012, ont amendé la Loi forestière cantonale en donnant la possibilité aux communes de déroger à l’interdiction de circuler sur les routes forestières, sauf en cas de périmètres de grandes valeurs biologiques (art. 32 al. 1).

Dans sa réponse à l’intervention précitée, votre serviteur interpelle la Cheffe du Département du territoire et de l’environnement, Madame Jaqueline De Quattro, en lui exprimant sa surprise de ne pas avoir fait mention, dans sa réponse écrite, de la possibilité de dérogation offerte par l’article précité.

Réponse de la Conseillère d’Etat : « Le règlement précise qu’une telle décision communale doit faire l’objet d’un préavis du Service et, sans surprise, vous aurez un préavis négatif ».

Quand bien même Madame La Conseillère d’Etat fait référence à l’arrêt du Tribunal fédéral relatif au plan sectoriel, il faut savoir que cette possibilité de déroger à l’interdiction de circuler a été introduite APRES ledit Arrêt et confirmée par le Tribunal cantonal.

Partant, il est assez piquant – voire choquant – que l’Administration cantonale désapprouve les décisions prisent par le Grand Conseil en toute connaissance de cause.

A l’heure où la pétition concernant l’accès aux refuges forestiers a récolté plus de 2000 paraphes, Madame La Conseillère d’Etat serait bien inspirée de desserrer quelque peu la vis dans ce dossier.

Affaire à suivre…

Nicolas Rochat Fernandez, député

 

Chronique de Josiane Aubert : Selon que vous serez puissant ou misérable…

Le 21 octobre, on apprenait que les contribuables du canton de Berne ont « rapatrié » 3 milliards de francs de biens et de revenus, déclarés « spontanément » dans le cadre de l’amnistie fiscale proposée simultanément à l’introduction de l’échange automatique d’informations avec l’étranger: ces braves bernois-là avaient dissimulé ces sommes au fisc en les stockant incognito à l’étranger…

Les discussions parlementaires autour du maintien du secret bancaire en Suisse sont toujours épiques: les parlementaires de droite proclament, la main sur le cœur: « la Suisse est bâtie sur la confiance entre l’Etat et sa population, on ne peut violer ce principe par une transparence financière ! »   L’énergie de ces parlementaires est très grande pour éviter toute tentative de meilleur contrôle des contribuables par des règles plus strictes.

Dans ce principe, l’inégalité de traitement entre les personnes salariées, dont tous les revenus sont transparents et connus du fisc et les personnes plus aisées et fortunées, est flagrante. Je ne me risquerai pas à faire quelques règles de trois à la lumière des 3 milliards revenus à la surface dans le canton de Berne pour estimer combien de milliards passent sous le radar du fisc sur l’ensemble des contribuables suisses … Je vous les laisse imaginer.

Ce qui a toujours eu le don de m’agacer au plus haut point, lorsque je siégeais à Berne, c’est d’observer la virulence avec laquelle les mêmes parlementaires de droite interviennent pour contrôler les bénéficiaires des assurances sociales et traquer les fraudeurs, même en égratignant la protection de la sphère privée. Cette même vie privée a-t-elle à leurs yeux moins de valeur chez une personne pauvre que chez la personne fortunée qui pourrait devoir payer tout ce qu’elle doit à l’Etat en fonction de sa fortune et de ses revenus ?

Ceci me choque et m’incite, pour préserver les droits fondamentaux de toutes et tous, à refuser le 25 novembre la loi révisée sur la surveillance des assurés qui va trop loin dans l’intrusion privée des plus fragiles de la société.

« Selon que vous serez puissant ou misérable
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir »

disait au XVIIe siècle Jean de La Fontaine dans sa fable « les animaux malades de la peste »

Josiane Aubert, ancienne Conseillère nationale

Chronique de Josiane Aubert : Egalité, la Suisse des petits pas

Notre pays est le champion de la lenteur dans l’évolution des progrès sociétaux; prenons la marche vers l’égalité entre femmes et hommes. Les suissesses ont été les dernières européennes à obtenir le droit de vote en 1971, et la lutte pour obtenir un congé maternité de 14 semaines a duré 56 ans…

Les prochains pas sont à l’horizon. La session des Chambres a empoigné quelques objets intéressants à cet égard: le renouvellement pour quatre ans du crédit fédéral pour l’encouragement à la création de crèches et garderies a passé la rampe de justesse. Sous la pression de l’initiative de « Travail Suisse », la nécessité d’un congé paternité a enfin été reconnue; il faudra encore s’entendre sur sa durée. 2 ou 4 semaines ? C’est bien maigre face aux pays qui nous entourent… mais ce sera un premier pas qu’il faudra engranger !

La réforme de la fiscalité des entreprises a passé la rampe des deux Chambres et sera introduite avec une compensation sociale non négligeable  par un financement complémentaire de l’AVS; ce compromis n’est pas idéal, mais il permet de repousser le spectre d’augmenter l’âge de la retraite des femmes; une telle augmentation serait très problématique aussi longtemps que l’égalité salariale n’est pas atteinte ; de plus, les femmes travaillent souvent à temps partiel, sont moins bien payées, elles touchent donc une retraite du 2ème pilier plus faible que les hommes, elles ne doivent pas encore payer ces injustices en travaillant un an de plus ! Le « paquet » qui lie fiscalité des entreprises et AVS, même imparfait, évite aussi une trop forte augmentation de la TVA pour financer l’AVS. Ce compromis typiquement helvétique vaut la peine d’être soutenu, c’est un petit pas dans la bonne direction.

Les Chambres sont aussi en passe d’exiger des entreprises de plus de 100 employés qu’elles prouvent l’égalité salariale qu’elles appliquent ; insuffisant, mais bon début.

Le Canton de Vaud a décidé de donner lui aussi un coup de pouce concret à l’égalité salariale par plusieurs mesures, dont celle de comptabiliser les années de garde des enfants dans le cursus professionnel des femmes pour fixer leur salaire initial à l’engagement. Une bonne manière de montrer la valeur mise à cette tâche éducative si importante pour l’ensemble de la société sans pénaliser ceux qui l’accomplissent. Restera à convaincre plus d’hommes de travailler eux aussi à temps partiel lorsque les enfants sont petits. Ce sera une façon efficace d’arriver à l’égalité salariale, car les employeurs ne pourront plus prétendre que l’arrivée d’un enfant pénalise la femme dans sa carrière !

Il vaut la peine d’engranger chaque petit pas vers l’égalité, c’est la seule méthode pour avancer dans le pays des helvètes !

Josiane Aubert, ancienne conseillère nationale

Et si le peuple suisse ouvrait la voie le 23 septembre ?

Deux initiatives mises au vote en septembre proposent de réconcilier les consommateurs et les agriculteurs : « Pour des denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques » et « Pour la souveraineté alimentaire. L’agriculture nous concerne tous. »  Les titres de ces deux initiatives sont explicites et devraient remporter l’adhésion de toute autorité mettant au premier plan le bien-être et la santé de la population, la protection des ressources et la préservation de l’environnement.

Oui, mais voilà, les intérêts économiques et le marché libéral qui privilégient les profits maximaux selon la formule « après moi, le déluge » passent trop souvent devant le bon sens et les décisions raisonnables souhaitées par la population.

Notre pays est le seul sur la planète à pouvoir se déterminer sur ces questions fondamentales, car c’est la population elle-même qui peut montrer la grande sensibilité de chacune et chacun au contenu de son assiette et à l’agriculture de proximité.

Par nos votes le 23 septembre, nous pouvons positionner la Suisse comme pays précurseur d’un nouvel équilibre entre la nourriture saine et abordable souhaitée par les consommateurs et une agriculture respectueuse des animaux, des plantes et des sols, qui produit dans le respect de la nature, et permet à ses agriculteurs de vivre bien de leur travail.

Il suffit de suivre la raison du cœur, de ne pas céder aux sirènes de ceux qui veulent brader notre agriculture sur l’hôtel du libre échange à tout crin. Tel l’accord avec le Mercosur souhaité par notre ministre de l’économie: vendre des machines au Brésil pour laisser entrer de la viande et des céréales à bas prix, produites  dans des conditions interdites en Suisse, par de gros propriétaires qui laissent les petits paysans sans terre…

Soyons courageux, devenons une terre nouvelle, un pays dont la population se réapproprie un avenir équilibré entre l’humain et son environnement !  Nous avons l’opportunité de montrer que c’est possible. Ce sera un pas déterminant vers le respect de la Terre, notre belle planète. Les humains la malmènent de façon dangereuse depuis trop longtemps, nous pouvons renverser la vapeur en acceptant ces initiatives, pour notre bien et celui de nos enfants.

Josiane Aubert, ancienne conseillère nationale

 

Chronique de Josiane Aubert : Contradictions…

Le front anti-éolien fait à nouveau entendre sa voix, au nom de la sauvegarde du paysage. La composition hétéroclite de l’aréopage apparu sur les crêtes du Creux du Van cette semaine laisse songeur…

  • Des membres du parti nationaliste, luttent pour « une Suisse indépendante et neutre », antieuropéens convaincus. Ils défendent la Suisse telle qu’ils la connaissaient de leur enfance vers les années 1950, en refusant de voir qu’elle a évolué. Sous la Coupole fédérale, leurs acolytes sont les premiers à applaudir toute dérégulation des marchés qui favorise la. Ils préfèrent que la Suisse reste largement dépendante de l’énergie produite à l’étranger, achetée en Europe, en Russie, au Moyen Orient à de grands consortiums.  Contradiction…
  • Certains écolos pure souche, appellent à acheter local, à se nourrir des paniers bio achetés chez le paysan du coin, prônent la décroissance, et se battent pour la préservation de l’environnement. Si j’ai beaucoup plus de sympathie pour ces idées, je ne comprends pas leur attitude face à la production régionale d’énergie renouvelable, en mains des communautés locales suisses. Contradiction…

La politique énergétique 2050, largement acceptée par la population en mai 2017, est un signal fort pour développer, dans les trente prochaines années, une production indigène d’énergies renouvelables diverses et complémentaires. Ce mouvement s’inscrit dans la vision d’une Suisse en grande partie indépendante du marché international, ou pour le moins qui détient de bonnes cartes en mains. Cela devrait plaire aux nationalistes.

Cette production décentralisée d’énergie, qui s’appuie fortement sur les entités locales, proches des populations, est une révolution ; elle redonne en partie à ces communautés la maîtrise de leur destin énergétique. La population des communes concernées a confirmé le soutien démocratique. Ceci va dans le sens préconisé par les mouvements écologiques un peu partout sur la planète : agir démocratiquement, « penser global, agir local »

L’avenir des jeunes générations me tient particulièrement à cœur ; en pensant à eux je soutiens cette évolution vers les énergies douces ; si les éoliennes marquent le paysage, c’est d’une manière temporaire et réversible ; leur démantèlement est déjà pris en compte dans les projets, contrairement à d’autres sources telles le nucléaire ou l’hydraulique; bâtissons un futur renouvelable, sur lequel les jeunes auront prise.

Josiane Aubert,
                                                                    ancienne conseillère nationale

 

Chronique de Josiane Aubert : De quels abus parle-t-on ?

Les Jeux paralympiques d’hiver 2018 se sont déroulés du 9 au 18 mars, simultanément à la session de printemps des Chambres fédérales. Le public suisse a fait connaissance du jeune valaisan Théo Gmür, triple médaillé d’or dans les disciplines de ski alpin. Son courage, sa ténacité, son bonheur après les épreuves forcent l’admiration.

Dans le même temps, sous la Coupole du Palais fédéral, il s’est trouvé une majorité de parlementaires pour couper dans les prestations complémentaires qui permettent aux handicapés de ce pays, aux personnes les plus faibles, de mener une vie digne, malgré le combat quotidien qu’elles mènent dans des conditions difficiles…

Comme si cela ne suffisait pas, les mêmes chambres fédérales ont mis en place un système de surveillance par détectives privés et autres drones pour débusquer les éventuels fraudeurs à l’assurance invalidité, au mépris de la vie privée de ces personnes.  Si des contrôles sont nécessaires pour garantir une utilisation judicieuse et adéquate des assurances sociales payées par les contribuables sur le principe de la solidarité, est-il nécessaire de mettre en place une « chasse aux sorcières » qui, insidieusement, donne l’impression que les bénéficiaires sont tous des profiteurs ?   Ce climat est hautement désagréable et malsain à mes yeux, car la grande partie des personnes qui dépendent de l’assurance invalidité sont honnêtes et vivent de manière très modeste.

Il est curieux et même révoltant de voir que les mêmes groupes politiques qui entreprennent de lutter avec vigueur contre les abus des plus faibles, refusent avec férocité tout contrôle fiscal supplémentaire et se battent pour sauvegarder le secret bancaire interne, sous prétexte que les citoyens fortunés sont honnêtes  par essence et doivent bénéficier d’une confiance aveugle de la part de l’Etat… Cette attitude du  « deux poids, deux mesures » est difficilement supportable et nuit à terme à la cohésion sociale.

Notre société développe une certaine tendance à évoluer vers le « chacun pour soi » ;   notre système économique est ainsi fait que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.  Le rôle de l’Etat est de contrebalancer ce déséquilibre et de permettre à chacune et chacun de vivre dans la dignité. Si chaque habitant de ce pays se sent intégré, respecté et peut trouver sa place dans la société, la cohésion sociale indispensable à l’épanouissement de l’être humain et à la stabilité de la société est assurée, pour le bénéfice de tous. A l’opposé, si les plus faibles sont laissés pour compte et si les inégalités se creusent, la société court à la ruine, à l’instabilité, à la violence.

Josiane Aubert, ancienne conseillère nationale, la Vallée