Les salaires exorbitants n’ont rien à voir avec la liberté économique

Depuis les années 1990, les écarts salariaux dans notre pays deviennent vertigineux : la moyenne des hauts revenus des grandes entreprises suisses en comparaison aux salaires moyens était de 1 à 6 en 1984 ; il passe de 1 à 13 en 1998 et de 1 à 43 en 2011.

Des entreprises telles qu’UBS, Crédit Suisse, Novartis, Lindt & Sprüngli, Nestlé, ABB ou Schindler tirent la moyenne de l’écart salarial vers le haut.

 

Seuls 0,4% des entreprises sont concernées par l’initiative 1:12 dans notre pays : les entreprises qui forment les « branches à forte rémunération : tabac, services financiers, industrie pharmaceutique, assurance ». Leurs top-managers gagnent entre 40’000 et 50’000 francs par mois, sans parler des primes, bonus, indemnités, stock-options et autres « compléments salariaux » qui font s’envoler les revenus des top-managers vers les millions de francs par année.

La hausse des salaires les plus élevés n’a plus rien à voir ni avec la productivité, ni avec les investissements, ni avec les salaires moyens et bas : en dix ans, de 2000 à 2010, le revenu net (primes d’assurance maladie et frais de logement également déduits) des employé-e-s célibataires a diminué de 1’300 francs pour les bas salaires, de 300 francs pour les salaires moyens ; il a augmenté de 6’900 francs pour les hauts salaires et de 23’700 francs pour les très hauts salaires.

Les salaires astronomiques relèvent de l’économie casino, de la finance spéculative.

Les salaires des top-managers sont investis dans la spéculation et non dans l’économie réelle qui, elle, génère des places de travail, du pouvoir d’achat, des prestations concrètes et performantes.

Les opposants à cette initiative prouvent qu’ils ont des moyens financiers énormes : depuis des semaines, les publicités apocalyptiques, couleurs et coûteuses fleurissent dans la presse, y compris dans le Journal du Pays-d’Enhaut !

Pour faire peur. Pour paralyser la réflexion. Pour créer le réflexe de dire non.

Pour cacher la question essentielle : celle du pouvoir et des relations.

L’initiative 1:12 – Pour des salaires équitables dénonce un processus réel qui déstabilise notre société : alors que la finance spéculative ne connaît aucune limite dans l’exploitation des ressources naturelles et humaines, les inégalités se creusent, la précarité grandit, et avec elles les situations négatives de démotivation, de stress, de violence, de mal-être…

Il est temps de réagir, pour des salaires plus justes.

Dire oui à l’initiative 1:12 c’est donner un signal clair : stop aux abus !